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Extrémisme religieux, plongée dans les milieux radicaux du Maroc

EXTRAIT

« 1er janvier 2017. Le monde se réveille sur la triste nouvelle de l’attentat contre la discothèque Reina à Istanbul qui a fait 39 morts et des dizaines de blessés. Le Maroc apprend que deux de ses citoyennes ont péri. L’heure est au deuil, au recueillement, au soutien aux familles des victimes. Sauf que ce qui s’ensuit s’apparente à une véritable campagne contre les victimes. Sur les réseaux sociaux comme dans les commentaires des sites d’informations, se multiplient les sorties haineuses, à visage découvert, de jeunes hommes et de jeunes femmes. Florilège non exhaustif : « Pourquoi leur souhaiter la miséricorde d’Allah alors qu’elles étaient dans un lieu de débauche ? », « Que Dieu vous maudisse, vous n’êtes que des prostituées qui salissent la réputation de ce pays. », ou encore « Elles méritent leur sort, si c’étaient des bnat nass (filles de bonne famille), elles seraient chez elles au lieu d’être dans une discothèque. » Cette avalanche de propos haineux a suscité chez bon nombre de nos concitoyens une juste indignation. On a pris conscience de cette radicalisation banalisée, qu’incarnent des personnes qui ne sont pourtant pas des adeptes de courants extrémistes, ne portent pas de barbe ni de voile intégral et ne pratiquent pas le takssir (mode vestimentaire salafiste). Des jeunes qui véhiculent une radicalisation banalisée et décomplexée, qui sévit aujourd’hui dans la société marocaine et cible les femmes, les juifs, les mécréants et Lgharb (l’Occident), coupable de tous nos maux… »

Extrémisme religieux, plongée dans les milieux radicaux du Maroc | Hicham Houdaïfa | février 2017 | 94 pages | 65 DH / 13 €

Prix spécial du jury du Prix Grand Atlas 2017