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Le livre à l’épreuve, les failles de la chaîne au Maroc

EXTRAIT 

« On nous a dit que le marché culturel était émergent au Maroc. Mais qu’est-ce que c’est que ce marché émergent qui ne crée que des emplois de vendeur ? », s’exclame Anas Bougataya. En juillet 2014, il a décroché sa licence Métiers du livre à la Faculté des Lettres de Aïn Chok, à Casablanca. Depuis, il a acquis « la certitude qu’il était impossible de travailler dans l’édition au Maroc, parce que c’est un petit lobby verrouillé. » Aujourd’hui auto-entrepreneur, il travaille dans la communication. Parmi ses anciens camarades, beaucoup ont repris des études ou quitté le domaine « car ils étaient sous-payés, avec une charge énorme de travail, comme s’ils étaient dans une usine de textile. »

Pourtant les progrès de l’alphabétisation, les efforts pour la scolarisation, l’existence d’une classe moyenne ont créé un important vivier de lecteurs potentiels, incomparable avec celui des générations précédentes. Mais en l’absence d’un marché du livre et d’un circuit de lecture publique correctement organisé, le livre reste hors de portée de l’écrasante majorité des Marocains. »

Le livre à l’épreuve, les failles de la chaîne au Maroc | Kenza Sefrioui | février 2017 | 100 pages | 65 DH / 13 €